En mars 2012, au lendemain de
l’odieux coup d'état que le Mali a subi, j’ai posté un Article
sur ce blog dans lequel je proposais de pénaliser les coups d’état militaires
en les rendant passibles de poursuites de la Cour Pénale Internationale. Les
circonstances aggravantes du putsch du désormais général 4 étoiles Ahmadou Aya
Sanogo n’ont pas tardé à apparaître : son absence et celle de « ses
hommes » du théâtre des opérations militaires dans le Nord-Mali (une des
raisons qui avaient justifié le coup, faut-il le rappeler) ou encore les
règlements de comptes divers sous la forme d’arrestations arbitraires,
d’intimidations en tous genres, d’exécutions sommaires et de tueries à la
garnison de Kati.
Certains ont
soutenu que la promotion vertigineuse du capitaine s’expliquerait par une
raison de "réconciliation nationale" ou de "promesse, à lui
faite, non tenue par la CEDEAO". Dans un cas comme dans l'autre, cela me
pose un problème. Dans le premier cas, il faut retenir qu'aucune réconciliation
nationale n'est possible si elle ne s'accompagne pas de justice. La
réconciliation nationale n'est pas un arrangement entre quelques personnes, mais
un ensemble d'actes et de décisions dans lesquelles tous les citoyens se
retrouvent, dans un élan d'apaisement collectif. Dans cette recherche de
justice, les bonnes actions des uns doivent être aussi également récompensées
que les fautes des autres sont sanctionnées. Dans le second cas, qui est
d'ailleurs intimement lié au premier, la diplomatie et la politique peuvent
tout à fait s'accommoder de ne pas tenir une promesse – faite à un seul homme –
lorsque celle-ci est susceptible de compromettre une volonté collective de
réconciliation ou de maintenir un pays entier dans l’instabilité politique et
l’insécurité.
La réalité
nous montre que l’action du général Sanogo aura été tout simplement un
excellent investissement pour lequel, en bon homme d’affaires, il pris les risques appropriés. Et les retours
sur investissement sont là : alors qu’on pensait que la seule prime à ce
coup d'état était sa nomination ubuesque comme général 4 étoiles, voilà qu’on
lui déroule le tapis rouge des avantages dus aux anciens chefs d’Etat, avec en
bonus plus d’hommes et de moyens à son service que l’ancien Président de la
République-Chef de l’Etat, démocratiquement élu, Alpha Oumar Konaré.
D’une
certaine façon, on aurait dit un coup de pousse supplémentaire au moment où le
marché est en crise et montre des signes d’inquiétudes, sous la forme d’une
demande de la justice malienne de l’interroger sur ses responsabilités dans
plusieurs actes commis autour de lui.
Le signal
est donc donné aux autres soldats en mal de pouvoir et de richesse : la
scène politique malienne est une bourse, alors révisez vos fondamentaux
d’économie, recrutez des traders et dites vous qu’il vous suffira de bien
calculer le risque de mettre votre pays en péril si à défaut d'être chef
d'Etat, vous aurez au moins l’assurance de vous retrouver général 4 étoiles,
avec un statut d'ancien chef d'Etat, et de devenir riche et puissant.
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