Le Mali s’apprête à organiser en
grande pompe la cérémonie d’investiture de son nouveau Président de la
République, Monsieur Ibrahim Boubacar Keïta, ce jeudi 19 septembre 2013. Je
m’étonne du choix de cette date qui interviendra trois jours seulement avant le
22 septembre, date anniversaire de la fête de l’indépendance du Mali. Et comme
c’est souvent la mauvaise habitude au Mali, on décrètera sans doute, pour
l’occasion, « une journée chômée et payée sur toute l’étendue du
territoire national ». Comme on le fait trop souvent pour des occasions
futiles, par exemple lorsqu’une fête tombe sur un jour de week-end.
Pourquoi
n’avoir pas fait le choix d’investir IBK le 22 septembre, en ce jour si
important pour l’histoire de notre jeune pays ? On aurait saisi une très
belle occasion de joindre la symbolique des deux dates au besoin de marquer un
acte d’union nationale, utile en cette période post-crise. On prouverait que
« c’est au bout de la vieille corde qu’on tisse la nouvelle », comme
dit la fable béninoise. On ferait faire des économies substantielles au pays.
On offrirait à tous les maliens l’occasion de célébrer, ensemble, la double
victoire de l’indépendance et de la démocratie.
Beaucoup de
mes compatriotes se réjouissent – trop vite – de ces jours fériés intempestifs,
annoncés au dernier moment, dans le journal du soir. Savent-ils seulement que
cela coûte cher à un pays en mal de développement ? En l’absence de
statistiques sur cette question, laissez-moi vous donner une base de calcul
qui, à défaut d’être parfaite, donne une bonne idée du manque à gagner. Le
budget 2013 du Mali s’élève en recettes à 1007,8 milliards FCFA. C’est à peu
près la richesse nationale créée en 248 jours de travail. C’est-à-dire 365
jours de l’année moins 104 jours non travaillés (les samedis et dimanches) moins 13
jours fériés officiels, soit 248 jours. En divisant 1007,8 par 248 on trouve
4,1 milliards FCFA. C’est ce que rapporte chaque jour de travail au pays et
donc ce que l’Etat perd pour chaque jour férié. A méditer.
Finalement
on paye cher – trop cher – cette occasion ratée de joindre l’utile, le
symbolique et l’agréable.
1 commentaire:
Avec de surcroit, deux défilés militaires à trois jours d'intervalle. Moins une armée est opérationnelle, plus elle parade...
Quant au jour férié, il est acquis au motif que le Roi du Maroc arrive avec une délégation de 300 personnes, paraît-il. Cela justifie plutôt des heures supplémentaires.
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