L'Histoire qui se joue devant nos
yeux au Mali depuis quelques jours est sans aucun précédent. Combien avons-nous
été à crier à la régression démocratique, au moment même où des choses encore
plus dramatiques se déroulent sous nos yeux impuissants : la dislocation pure
et simple de notre pays.
Avoir
bafoué les acquis précaires de notre démocratie en construction est en soi un
crime contre le peuple malien et, à ce titre, passible du jugement de notre Nation et de ses Institutions
légitimes. Avoir ouvert le champ à la partition et à l'invasion de notre pays
est quant à lui un crime contre l'humanité et, à ce titre, passible de la Cour
Pénale Internationale.
Il y a seulement
quelques jours, un obscur et controversé capitaine de l'armée malienne s'est
improvisé sauveur de la Nation et de l'intégrité de son territoire. Comme s'il
était donné à n'importe qui de s'autoproclamer homme providentiel.
Mais la
réalité est là, implacable : la situation est bien pire depuis son arrivée. La
rapidité et la facilité avec lesquelles les rebelles progressent et, ville
après ville, consacrent la partition du Mali, confirment mes doutes sur les vraies intentions et les capacités du capitaine Sanogo et de sa clique.
Depuis ce
matin, je me demande même s'il n'est pas venu pour faire exactement le
contraire de ce qu'il a prétendu : il est en train d'offrir notre pays sur un
plateau entaché de sang à des aventuriers comme lui. Sa responsabilité devant
le peuple malien, devant la justice des hommes, devant l'Histoire et plus tard
devant Dieu est indiscutable.
Je salue
les tentatives en cours – de la CEDEAO et de la Communauté internationale – de
rechercher des solutions rapides à une sortie de crise. Mais je refuse
d'imaginer un seul instant que cet individu puisse, d'une manière ou d'une
autre, faire partie de la solution. Il est le problème et par conséquent la
solution devra se faire sans lui !
Les
prétendus démocrates et les héros en carton du 26 mars 1991 du genre du Dr.
Mariko, auront eux aussi à répondre devant notre peuple de leur complaisance et
de leur complicité face à cette tragédie nationale. Ils viennent de montrer
leur vrai visage, celui de la préférence du pouvoir aux intérêts supérieurs de
notre Nation et de notre Peuple. Honte à eux !
Quel que
sera plus tard l'issue de cette crise, ces apprentis sorciers devront répondre
de leur responsabilité devant le Peuple et devant la Justice.
Que Dieu
bénisse le Mali et nous donne le courage et la clairvoyance de nous accorder
sur le meilleur face à cette tragédie !
1 commentaire:
Je suis Nigérien et je partage avec des amis maliens une amitié indescriptible! Je suis anéanti par les infos que je lis depuis 10 jours sur ce pays frère. Et mieux, moi je dirai les familles de ces opportunistes devront rendre compte. Il faut le peuple fasse des sélections draconiennes. Des descendants de ces personnes (Sanogo, Mariko et consorts,) doivent être interdits de tout mandat au Mali. Il faut des sanctions exemplaires!
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