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vendredi 26 avril 2013

Résolution 2100 de l’ONU : les revers de la médaille


Le conseil de sécurité de l’ONU a approuvé, le jeudi 25 avril 2013, la création d'une Force de maintien de la paix dans le nord du Mali pour assurer la transition après l'intervention militaire française. La résolution 2100 crée donc la MINUSMA qui sera déployée à compter du 1er juillet 2013, pour une période initiale de 12 mois, avec un effectif de 11.200 militaires et de 1.440 policiers, soit 12.640 hommes. L’adoption de cette résolution était attendue depuis plusieurs semaines déjà, évoluant – fort heureusement – de la « force d’interposition » initialement annoncée, vers une « force de maintient de la paix ». Cette nouvelle résolution réaffirme l’inviolabilité de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale du Mali ; elle enjoint à l’ensemble des groupes armés opérant sur le territoire malien à déposer immédiatement et sans conditions les armes, avant l’entame de toute négociation de paix ; elle prévoit une réserve de bataillons capables de se déployer rapidement dans tout le pays si cela est nécessaire ; elle désigne un représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies qui va coordonner toutes les actions sur le terrain.
Sur le plan sécuritaire, l’adoption de cette résolution est sans aucun doute une bonne nouvelle pour la Mali, par son importance comme par son mandat, au moins à court  terme. Mais il ne faudra pas perdre de vue l’envers de la médaille à court, moyen et plus long termes.
D’abord, parce qu’elle nous rappelle – s’il en était encore besoin – l’extrême fragilité de notre pays et de ses institutions. Cette présence militaire de masse pèsera considérablement sur l'indice de sécurité, qui s’élèvera dans certaines zones et va ralentir, voire freiner l'investissement direct étranger dont le pays a tant besoin pour sa reconstruction.  Sans compter que la nécessaire réforme des institutions de sécurité du pays paraît, dans un tel contexte, un défi hors de portée pour un Etat à genoux. A cela, il faudrait ajouter les craintes en matière de capacité de l’Etat malien à poursuivre les efforts de développement, tout en maintenant des rapports de qualité avec ses partenaires extérieurs, car comme le disait Yoweri Museveni « la presence de l'ONU rend nos Etats paresseux ».
Ensuite, l’arrivée massive de 12.600 hommes, auxquels il faudra sans doute ajouter l’importante administration onusienne qui sera chargée de la gérer, va complètement défigurer le pays pendant les prochaines années. Pour le meilleur (ce qui est loin d'être acquis) mais aussi pour le pire (ce qui est probable). Ce dispositif, avec ses moyens en dollars (de l’administration onusienne, des besoins en approvisionnement et en provisions des militaires, de la solde des militaires), aura certainement une incidence inflationniste majeure : sur le coût de l'immobilier, sur le coût de la vie dans certaines parties du pays.
Enfin, en raison des incidences prévisibles sur le mode de vie, les rapports sociaux, et même, sur les mœurs dans le pays. En la matière, j’ose à peine imaginer les conséquences de l’arrivée récente de 500 célibataires burkinabé dans la petite ville de Tombouctou… Les exemples de l’Angola ou de la RDC sont des cas à méditer.
Le Mali à venir sera donc un pays autre que celui que nous avons connu. Il faudra nous y préparer et prendre ce que nous pourrions de précautions et de mesures préventives.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

L'exemple de la Côte d'ivoire doit faire réfléchir. Ils étaient venus pour une mission de paix : désarmer les rebelles, réunifier le pays et promouvoir des élections libres et transparentes. Ils y sont encore aujourd'hui dans un pays divisé avec une démocratie inexistante. Je fais très peu confiance à l'ONU, surtout vigilence pour l'azawad.
Aliou