Au moment où le Mali boucle son
sixième mois de crise politico-sécurito-humanitaire, il devient de plus en plus
difficile de résister à l’insistante main-tendue du désespoir.
Après la
quinzaine des JO de Londres qui ont occupé tout l’espace médiatique, la presse
internationale passe en boucle les images de la situation en Syrie (graves), de
l’extradition de Julian Assange (dérisoire) ou des trois jeunes activistes
russes Pussy Riot priant pour le départ de Poutine (étonnant mais futile).
Pendant ce
temps, le Mali s’enlise dans une crise multiforme qui a tous les signes
avant-coureurs d’une situation qui va durer : la Communauté internationale (mais c’est qui au fait ?)
tergiverse, l’ONU attend une impulsion, l’UA est comme d’habitude aux abonnés
absents, la CEDEAO se cherche, la France tourne en rond, la médiation burkinabé
multiplie les ambigüités, l’Algérie oublie de renvoyer l’ascenseur, la
Mauritanie s’oublie, le Président et son Premier ministre étalent leur
incompétence et le Mali traine en longueur le nouveau découpage du gâteau
gouvernemental.
L’occupation
du Nord se banalise et par conséquent se renforce ; la junte de Sanogo
tire toujours les ficelles ; le peuple malien, en spectateur impuissant, observe
passivement ; les politiciens
jouent des coudes pour rentrer dans le gouvernement
d’union nationale…
A moins de
permettre à quelques uns de reprendre du service inutilement, on ne vois pas à
quoi servirait ce GUN dans lequel on mettra quelques caciques des partis politiques et des ressortissants de la société civile (oui, ceux qui parlent au nom de leur ventre et qui
n’attendent que l’occasion de prendre une place). Même en période aussi
tourmentée, tous trouvent le culot égoïste de réclamer leur part d’un gâteau servi
sur un plateau en train de couler…
On ne voit
pas non plus en quoi ce nouveau gouvernement serait d’union nationale lorsqu’il
ne concerne au maximum qu’un tiers du pays. Ce GUN va au mieux rendre la prise
de décisions encore plus lourde et plus difficile, au moment même où la raison commande
une équipe resserrée capable de reprendre rapidement et efficacement
l’initiative. On plombera les charges de fonctionnement de l'Etat avec une
équipe pléthorique, sans parler de la catastrophe qui s'annonce en matière de
gestion des fonds publics dans un environnement sans Etat, donc sans contrôle.
Pendant ce
temps, on cherche des raisons d’y croire et d’espérer…
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