Notre pays vit la période la plus
sombre et la plus incertaine de son histoire récente. On a frôlé la catastrophe,
et les choses importantes sont encore loin d’être réglées. A Bamako, où je
viens de passer quelques jours, je n’ai pas eu l’impression évidente que les
maliens en aient la pleine mesure. En effet, la reconquête rapide des villes du
Nord par l’Opération Serval, la perspective des élections
présidentielles en juillet prochain, et la récente promesse de 3,2 milliards
d’euros des bailleurs de fonds pour la reconstruction auront suffit à créer une
certaine euphorie dans l’opinion. Mais attention à ne pas baisser trop vite la
garde !
Sur le plan
sécuritaire, j’ai noté une baisse de la vigilance au niveau des postes de
contrôle, à l’aéroport ou le soir en ville, comme si Bamako se croyait à l’abri
de la menace d’actions terroristes. Le niveau d’alerte, de ce point de vue, me
paraît encore suffisamment élevé pour rester vigilant et minutieux dans les
contrôles. Le choix des personnes ou des véhicules à contrôler se fait de
manière étrange et non systématique, comme si un éventuel terroriste était vite
reconnaissable ou écrirait ses mauvaises intentions sur son front.
Les
promesses de dons de la communauté des bailleurs de fonds suscitent un espoir démesuré,
qui fait négliger les conditions drastiques posées par les donneurs, minimiser les
risques d’une mobilisation inférieure aux montants annoncés, oublier le mauvais
exemple de Haïti où la gestion des sommes faramineuses de la reconstruction a
été une vraie catastrophe à tous points de vue, et enfin sous-estimer le danger
réel d’une mauvaise gestion de l’aide malienne par ceux-là mêmes qui ont
conduit le pays dans la situation qui l’a rendu nécessiteux de cette aide.
A moins
qu’une réelle surprise ne me donne tort, le court délai qui nous sépare de
l’échéance électorale ne me paraît pas de nature à permettre un changement des
hommes et des modes de gouvernance. L’alternance d’une nouvelle classe
dirigeante, plus soucieuse du pays que d’elle-même, ne sera sans doute pas pour
cette fois-ci. On changera sans doute de président, de gouvernement, de
parlement et on nommera à tout va dans l’administration. Mais, très vite, les
mauvaises habitudes reprendront de plus belle…
Il me reste
donc à espérer, et à redire ce que j’ai déjà écrit sur ce blog le 24 mars dernier
: « gageons que les prochaines élections, à défaut d’élire les meilleurs
Président et Députés, nous doteront des moins mauvais afin de créer, sans trop
de casse, les prémices de la Reconstruction du pays. Ma conviction est que
notre prochain Président ne sera pas celui qui bâtira le Mali de nos
espérances. On lui demandera tout au plus – et on s’en contentera – d’en jeter
les bonnes bases ».
2 commentaires:
On en vient au coeur du probleme : creer des institutions solides, a meme de gerer le pays et de l'orienter sur la bonne direction.
Helas, ce probleme est a peine effleure. Comme d'hab, c'est la ruee sur les strapontins qui anime les differents acteurs. Comme d'hab, aucun debat de fond sur les problemes du pays et la strategie de developpement.
- Steph
Le mal quelque soit sa forme profite le malfaiteur ainsi la personne qui fait le mal et se qui cautionne ont tous une certaines responsabilité dans dommage causé.
A t-on dit`` le malheur de certains est le bonheur des autres``
Il y a des malheurs qu'on peut prévenir ou réduire les dégâts et il y a des malheurs inévitables.Je prend l'exemple sur le Mali ou on pouvait réduire les dégâts si on s'était lever vite.Il y a un adage au Mali dit que`` N'entend pas que le goitre fait le tour du cou pour agir``
Mobilisons nous pour gérer situation ambiguë du MNLA .
Par rapport au don, l'usage c'est très compliqué pour ce qui ont la responsabilité de ces dons mais faut pas que ça soit le mandat de Sembène Ousmane``l'arrivée providence un mandat dans la famille Dieng``
En conclusion je dit l'Histoire à rattraper notre pays ou la corruption,l'affairisme et laisser aller étaient monnaie courante.
Très chers compatriote merci
Malien de Suisse
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