L'US-RDA est un parti politique à la croisée des chemins. Depuis l'avènement de la "démocratie" au Mali en mars 1992, le parti perd inexorablement son influence et sa crédibilité.
En général, l'influence d'un parti politique dépend de plusieurs facteurs essentiels : 1) la pertinence, la clarté et la portée et son message et de son projet de société dans l'opinion publique nationale et internationale ; 2) la qualité de ses dirigeants, leur charisme, leur parcours, leur discours, leurs idées, etc. 3) la qualité de son organisation, la formation et la mobilisation de ses militants, l'organisation et l'animation de ses instances ; 4) les moyens financiers et logistiques dont il dispose ; 5) la qualité et la densité de son réseau d'influence dans le pays et dans le monde.
Devenu UM-RDA, son projet de société, pour autant qu'il en existe vraiment un, n'est guère différent de celui de la plupart des autres – trop – nombreux partis politiques du pays. L'UM-RDA semble, dans son message, plus "respectueuse du passé" que "confiante dans l'avenir". Or, aucun parti politique, dans aucune démocratie digne de ce nom, ne peut prétendre gouverner ou gagner une élection majeure sur la seule base de son passé, aussi glorieux soient-ils !
Ce constat est encore plus vraie pour le RDA, et cela pour plusieurs raisons : d'abord parce que son bilan ne fait pas une unanimité totale, ensuite parce que l'essentiel du corps électoral malien, au pire ignore ce passé, au mieux ne le considère pas – à juste titre – comme déterminant pour son choix politique. Pour cela, il faudrait que le projet du parti crée de l'espérance, ouvre des perspectives réelles de développement pour le pays, notamment pour sa frange la plus jeune. Comment peut-on demander à un jeune d'aujourd'hui exclu trop tôt du système scolaire, analphabète ou diplômé sans emploi, de s'engager en politique ou d'adhérer à un parti sur la base de ce que celui-ci a réalisé il y a… 50 ans ? Ces jeunes ont un besoin de perspectives d'avenir, ils rêvent de travail et de vie meilleure.
Le passé (et le bilan) de l'US-DRA est sans doute un atout majeur pour le parti, mais la force d'un parti repose moins sur ses atouts que sur la force et la pertinence de ses propositions et sur sa capacité à y faire adhérer les citoyens en masse. Il faut donc éviter de confondre "atouts" avec "arguments de campagne". Pour adhérer, on devrait être en mesure de dire : "avec un projet aussi fort et des propositions aussi pertinentes, je peux se reconnaître dans ce parti et… ceci d'autant plus qu'avec leur passé et les valeurs qu'ils incarnent, je pourrai leur faire confiance…" Le passé viendrait alors comme un bonus (un atout supplémentaire) et en aucun cas come une base suffisante pour décider de son engagement, ni un argument de campagne pertinent.
Aujourd'hui à la croisée des chemins, l'UM-RDA est face un choix majeur pour sa survie : son avenir dépendra, sans aucun doute, de son positionnement lors des prochaines élections présidentielles de 2012. Le choix du bon candidat – celui qui gagnera ou fera la différence au second tour – lui permettrait d'être associé à un futur gouvernement. Il disposera alors d'une tribune, de réseaux et de moyens pour faire passer son message et se reconstruire. S'il fait le mauvais choix, alors il est voué à rester un parti d'arrière garde.
Mon conseil : l'UM-RDA devra choisir le candidat qui, en plus d'avoir les meilleures chances de gagner, lui offrira la plus large place lors du "partage" des responsabilités (gouvernement, haute administration). C'est une question de réalisme politique.
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