Je ne parle pas en tant que connaisseur et le
football n'est pas ma passion (je suis plutôt équitation). Mais je suis, comme
beaucoup, un téléspectateur intéressé qui regarde avec plaisir les grands
matchs et les phases finales des tournois internationaux.
Je parle donc aujourd'hui foot pour exprimer mon malaise
à l'écoute des commentaires de certains supporters et des médias francophones,
dans leur ensemble. A l'issue du match, on a davantage pleuré le perdant du
jour que célébré le vainqueur. Je trouve que cela manque pour le moins de
fair-play. Cette finale a rappelé, s'il en était encore besoin, qu'un match de
football, quelles que soient les équipes en présence, ne se gagne pas au
premier coup de sifflet mais après le dernier.
La Côte-d'Ivoire, qui avait sans aucun doute une
belle équipe bien soudée (et que je supportais pour l'occasion), a pêché par
son excès d'assurance en étant convaincue, dès le début du tournoi, que la
coupe était dans sa poche. La deuxième série des tirs aux buts a d'ailleurs
montré l'impréparation de l'équipe pour une telle éventualité. Au bout des cinq
premiers tireurs, on ne savait pas à qui était le tour! On a même pu noter tout
au long du tournoi, une certaine arrogance de l'équipe, incarnée par
l'omnipotent Didier Drogba. Cette arrogance ne s'est d'ailleurs pas démentie
après le match : la Côte-d'Ivoire – qui est tout de même vice champion
d'Afrique – estime qu'elle a raté sa CAN (alors qu'elle n'a encaissé aucun but
et a prouvé qu'elle avait une bonne équipe) et donc qu'elle a échoué ! On peut
donc être un "grand joueur" (il faut comprendre célèbre et grassement
payé), être dans les meilleures équipes du monde et ne pas être un "grand
champion". Ce dernier se reconnaît aussi à sa capacité à reconnaître et à
saluer la victoire de l'adversaire.
Et pendant ce temps, le Mali accueillait
triomphalement ses Aigles…donc modeste troisième.
Eliminer la Zambie d'entrée de jeu, c'est oublier
la charge émotionnelle et la force psychologique qui a accompagné et motivé
cette équipe dans son aventure gabonaise. Il faut se rappeler que la totalité
de l'équipe zambienne avait été décimée dans un crash d'avion sur cette même
terre gabonaise en 1993. Ils sont donc revenus à Libreville portés par la rage
de vaincre, pour gagner et rendre hommage à leurs frères disparus. C'est aussi oublier
que la Zambie avait battu aux tours précédents le Sénégal et le Ghana deux des favoris
de départ, sur le papier. C'est enfin négliger que la Zambie a simplement,
modestement et méthodiquement préparé son affaire, sans fanfaronner. Ils ont
abordé le match avec sérieux, préparé la séance des tirs aux buts avec
application et ont montré qu'ils s'étaient préparés à cette éventualité et
entrainés en conséquence.
Bravo la Zambie, ainsi va le sport !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire