Il y a encore quelques semaines, personne n'aurait
osé parier sur le dénouement des deux scénarii que nous offrent le Sénégal et
le Mali, à quelques jours d'intervalle.
Tous les feux semblaient au
rouge au Sénégal où l'on craignait le pire : entre dérive autocratique et
volonté de confiscation du pouvoir par le clan Wade, de succession monarchique
savamment orchestré par le Vieux en violation de la Constitution pour un
troisième mandant illégal, l'opposition sénégalaise était prête à la bagarre
face à ce cocktail explosif. Les observateurs, au Sénégal comme à l'étranger,
s'attendaient à un scénario cauchemardesque habituel en Afrique de l'Ouest.
Personnellement, j'ai été
toujours très dur dans la critique face à cette situation concernant un pays
que j'aime (j'y ai vécu 5 belles années) et par conséquent que je châtie bien.
Je conclu d'ailleurs souvent mes argumentaires en reprochant au Sénégal son
côté donneur de leçons. Aujourd'hui, c'est bien ce côté là que je salue. Car le
Sénégal vient de nous donner, à nous maliens comme au reste du monde, une belle
leçon d'un peuple qui a réussi à se ressaisir et à faire le choix de
l'essentiel face au futile ; le choix de la raison face l'aberration ; le choix
de la démocratie face à l'aventure.
De son côté le Mali, alors
même qu'il remportait haut la main tous les paris d'une douce alternance
démocratique, nous livre l'un après l'autre deux coups de tonnerre dans un ciel
apparemment serein : une guerre de rébellion et un coup d'état militaire à un
mois d'une élection présidentielle.
L'histoire qui se déroule
sous nos yeux est décidément imprévisible et impitoyable. Elle jugera et
sanctionnera les uns, elle félicitera sans doute les autres. Entre la leçon et
le contre exemple, le choix du peuple par la voie des urnes, reste la moins
mauvaise des solutions possibles.
1 commentaire:
Très belle analyse et un beau style!
Les sénégalais m'ont battu personnellement dans cette affaire! J'attendais de voir les "donneurs de leçon" à l’œuvre! Bravo à eux!
Pour le Mali, j'avoue n'avoir pas encore réussi à me forger une opinion! Un pouvoir "impuissant", des soldats qui se sentent abandonnés et un peuple qui sont monté l'humiliation des défaites appelées "replis tactiques", il est difficile de dire dans quelle direction il fallait aller!
La classe politique est particulièrement responsable bien plus que ATT à lui tout seul. Quel soutien a été apporté à la marche des femmes? Pourquoi n'a-t-on pas demandé au maliens et supporters du Mali un effort de guerre?
Que Dieu sauve le Mali et toute l'Afrique de l'Ouest!
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