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vendredi 25 mai 2012

Tout ça pour ça !

J'entends depuis le 22 mars 2012 le nom du Mali associé à des évènements que peu de maliens ou d'amis du Mali auraient pu imaginer. On l'a dit et redit. Je pensais alors que notre souffrance avait atteint son paroxysme. Mais au regard des derniers évènements intervenus dans le pays, on a sans doute touché le fond, on a achevé de détruire et de décrédibiliser notre pays. Tout ça pourquoi ? Pour la cupidité et la soif insatiable de pouvoir de quelques aventuriers qui s'improvisent héros !
Le Capitaine Sanogo : vous vous souvenez, ce militaire qui a fait un coup d'état pour soi-disant sauver le Mali de la rébellion touarègue et de l'invasion islamiste ; oui, celui-là même qui a pris le pouvoir pour faire ce qu'ATT n'a pas réussi et donner aux militaires les moyens de combattre dignement dans le Nord de notre pays. Eh oui, il a montré son vrai visage, ses intensions premières, sa soif de pouvoir. Avoir établi son QG à Kati ne l'aura pas empêché de sentir l'odeur de velours venue de la colline d'en face, Koulouba. Seuls les ralliés de circonstance et les opportunistes de courte vue ont feint de ne pas le comprendre !
Il aura obtenu, pour lui et ses petits copains, l'amnistie pour leur crime (incompréhensible) et le statut « d'ancien chef de l'Etat, avec les avantages qui vont avec » (rien que ça). Mais cela ne lui suffit pas apparemment et pendant qu’il tergiverse à Bamako, le reste du pays sombre.
Alors il a envoyé ses soi-disant « jeunes patriotes » s’attaquer aux symboles de notre Etat : ils ont profané le Palais présidentiel et commis l’irréparable en se prenant physiquement au Président de la République du Mali ! Je n’ai jamais vu cela nul part ailleurs. Je dis bien qu’il a envoyé dans la mesure où on ne peut pas comprendre comment des jeunes ont pu s’introduire à Koulouba et aller jusque dans le bureau présidentiel alors que les putschistes, à quelques kilomètres de là, prétendent assurer la sécurité des biens et des personnes (à Bamako tout au moins). C’est au mieux de la complaisance et du laisser-faire, au pire un encouragement, une autorisation, un service commandé.
Si le capitaine Sanogo, sorti de nul part et n’ayant aucune expérience ni compétence se croit capable de »sauver » et de diriger le Mali, alors on ne doit pas s’étonner que ses « jeunes patriotes » se croient tout permis, y compris de marcher sur Koulouba. Ils devront se souvenir de l’histoire récente dans un pays voisin et de ce qui pourrait arriver à leur(s) leader(s).
Autre chose : arrêtez, s’ils vous plait, de faire croire aux maliens que les décisions concernant l’avenir du Mali se prennent à l’extérieur. La CEDEAO, ce n’est pas l’extérieur, c’est le Mali. En tant que membre fondateur ayant signé le principe de la primauté des lois régionales sur les nationales et étant un pays important de cette organisation, le Mali est soumis comme les autres pays membres aux décisions de cette organisation régionale et les décisions qui s’y prennent le sont aussi en son nom !
L’heure du bilan sonnera. L’Histoire et la justice jugeront alors ceux qui ont soutenu ou encouragé cette descente de notre pays à la case cauchemar.
Je garde en mémoire les images insoutenables de jeunes qui, à visage découvert, se congratulent et se tapent dans les mains, dans les couloirs du palais de Koulouba… Je ne reconnais pas le Mali que j’aime !

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