J'entends depuis le 22 mars 2012 le nom du Mali
associé à des évènements que peu de maliens ou d'amis du Mali auraient pu imaginer.
On l'a dit et redit. Je pensais alors que notre souffrance avait atteint son
paroxysme. Mais au regard des derniers évènements intervenus dans le pays, on a
sans doute touché le fond, on a achevé de détruire et de décrédibiliser notre
pays. Tout ça pourquoi ? Pour la cupidité et la soif insatiable de pouvoir de
quelques aventuriers qui s'improvisent héros !
Le Capitaine Sanogo : vous
vous souvenez, ce militaire qui a fait un coup d'état pour soi-disant sauver le
Mali de la rébellion touarègue et de l'invasion islamiste ; oui, celui-là même
qui a pris le pouvoir pour faire ce qu'ATT n'a pas réussi et donner aux militaires
les moyens de combattre dignement dans le Nord de notre pays. Eh oui, il a
montré son vrai visage, ses intensions premières, sa soif de pouvoir. Avoir
établi son QG à Kati ne l'aura pas empêché de sentir l'odeur de velours venue
de la colline d'en face, Koulouba. Seuls les ralliés de circonstance et les
opportunistes de courte vue ont feint de ne pas le comprendre !
Il aura obtenu, pour lui et
ses petits copains, l'amnistie pour leur crime (incompréhensible) et le statut
« d'ancien chef de l'Etat, avec les avantages qui vont avec » (rien
que ça). Mais cela ne lui suffit pas apparemment et pendant qu’il tergiverse à
Bamako, le reste du pays sombre.
Alors il a envoyé ses
soi-disant « jeunes patriotes » s’attaquer aux symboles de notre
Etat : ils ont profané le Palais présidentiel et commis l’irréparable en
se prenant physiquement au Président de la République du Mali ! Je n’ai
jamais vu cela nul part ailleurs. Je dis bien qu’il a envoyé dans la mesure où
on ne peut pas comprendre comment des jeunes ont pu s’introduire à Koulouba et
aller jusque dans le bureau présidentiel alors que les putschistes, à quelques
kilomètres de là, prétendent assurer la sécurité des biens et des personnes (à
Bamako tout au moins). C’est au mieux de la complaisance et du laisser-faire,
au pire un encouragement, une autorisation, un service commandé.
Si le capitaine Sanogo,
sorti de nul part et n’ayant aucune expérience ni compétence se croit capable
de »sauver » et de diriger le Mali, alors on ne doit pas s’étonner
que ses « jeunes patriotes » se croient tout permis, y compris de
marcher sur Koulouba. Ils devront se souvenir de l’histoire récente dans un
pays voisin et de ce qui pourrait arriver à leur(s) leader(s).
Autre chose : arrêtez,
s’ils vous plait, de faire croire aux maliens que les décisions concernant
l’avenir du Mali se prennent à l’extérieur. La CEDEAO, ce n’est pas
l’extérieur, c’est le Mali. En tant que membre fondateur ayant signé le
principe de la primauté des lois régionales sur les nationales et étant un pays
important de cette organisation, le Mali est soumis comme les autres pays
membres aux décisions de cette organisation régionale et les décisions qui s’y
prennent le sont aussi en son nom !
L’heure du bilan sonnera. L’Histoire
et la justice jugeront alors ceux qui ont soutenu ou encouragé cette descente
de notre pays à la case cauchemar.
Je garde en mémoire les
images insoutenables de jeunes qui, à visage découvert, se congratulent et se
tapent dans les mains, dans les couloirs du palais de Koulouba… Je ne reconnais
pas le Mali que j’aime !
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire