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vendredi 27 avril 2012

Malien de l'extérieur : un malien pas comme il faut ?

L'expression de malien de l'extérieur s'est imposée dans notre langage courant pour désigner ceux d'entre nos compatriotes qui – pour des raisons professionnelles (souvent), familiales (parfois) ou autres (rarement) – ont fait le choix d'établir leur résidence en dehors du Mali. Avec tout ce que cela peut comporter d'enrichissement pour eux-mêmes et pour leurs enfants, mais également de douloureuse nostalgie pour le pays ou la famille restée là-bas.
L'expatriation, pour ceux qui la vivent, ou la côtoient par la fréquence de leurs voyages, est – paradoxalement – un formidable accélérateur et un ciment du lien avec la patrie. Beaucoup d'entre nous redécouvrent et se passionnent pour leur pays à cette occasion. On scrute tout se qui s'y passe, on devient exigeant sur la qualité de l'information qu'on reçoit, on devient soucieux de son image, on est attentif à chaque événement, même banal, et à chaque évolution engageant la vie et l'avenir du pays.
Par devoir, par générosité ou par solidarité, on envoie une part considérable de ce qu'on gagne – par le travail – "au pays" ; au point de devenir les premiers contributeurs discrets à l'effort national de développement, bien plus que l'aide des bailleurs de fonds et autres donateurs, pourtant plus audibles. Dans certaines régions du pays, bien plus que l'Etat lui-même, par les transferts nets de flux financiers, les constructions d'infrastructures économiques et sociales ou les bourses d'études, etc.
Pourtant, dès qu'il est question de bâtir le Mali – une question de grande actualité depuis quelques semaines – ils deviennent de "faux maliens", loin des réalités du pays, méconnaissant sa culture, ses réalités, son mouvement et ses vibrations, son tempo du moment. Par opposition aux "vrais maliens" qui n'ont ce mérite que parce qu'ils sont restés chez eux, comme pour dire : "le Mali, on y reste quand on l'aime". Avec une dose d'aigreur qui dissimule mal l'envie, une once de mauvaise foi qui cache mal la jalousie, un mensonge éhonté qui exacerbe les divisions !
Je ne voudrais pas justifier les raisons qui font qu'un malien décide de ne pas y résider, pour ne pas ajouter à cette incompréhensible tentative – de courte vue – de les opposer les uns aux autres. Mais il s'impose de rappeler qu'on dénombre même parmi les "faux maliens" ceux qui sont en mission au nom ou pour le compte du Mali, ceux qui ont réussi ailleurs et qui sont, chacun à sa manière, ses ambassadeurs et les infatigables défenseurs de son rayonnement dans le monde.
On a même reproché au tout nouveau Gouvernement de transition du Mali de ne pas être assez d'union nationale, parce qu'il ferait la part trop belle à ces "faux maliens" de l'extérieur ! Sans doute le fait d'une certaine catégorie "d'hommes politiques" qui considèrent qu'un gouvernement n'est d'union nationale que pour autant qu'ils y figurent eux-mêmes ou lorsqu'il fait la part belle à leurs amis, ou de "journalistes" en mal de scoop ou en panne d'analyse pertinente.
Le Mali d'aujourd'hui à besoin plus que jamais de tous ses fils et filles, de l'intérieur comme de l'extérieur, afin de sauver ce qui peut encore l'être, puis de bâtir le pays que nous voulons laisser, avec fierté, à nos enfants.

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