Je constate lors de mes nombreux
déplacements que le voyage en avion créé, plus que bien d’autres actes de la
vie courante, le voisinage entre des personnes venant d’horizons différents. Il
offre une proximité, voire une intimité entre voyageurs.
Dans notre
contexte mondialisé et interconnecté, touristes, chefs d’entreprises,
fonctionnaires nationaux ou internationaux, consultants, spécialistes du
développement, artistes, hommes et femmes politiques, sportifs de haut niveau,
etc. se côtoient le temps d’une traversée. Quelles incroyables et fascinantes
opportunités d’échanges d’expériences riches, de parcours différents,
d’histoires originales ! Mais quelle perte aussi car, bien souvent, on
passe à côté des ces moments de partage. Chacun gardant pour soi – égoïstement
– son trésor de connaissances, le nez plongé dans un livre, un journal, un
écran d’ordinateur ou un jeu électronique, quand il ne profite pas du voyage
pour dormir et récupérer précisément de l’intensité de l’expérience fraichement
vécue.
On garde
dans ses bagages ce que le voisin serait prêt à prendre en échange de ce qu’il
partagerait en retour. On se quitte vers des horizons encore plus variés, vers
des découvertes étonnantes, vers d’autres tranches de vie, sans jamais les
croiser, quel gâchis ! On en sortirait pourtant plus riche, plus ouvert,
plus proche de l’autre.
1 commentaire:
Cher Hammou, comme ta remarque est pertinente ! J'ai eu comme voisin un jeune homme qui rentrait 'au pays' comme on dit. Il a dormi un moment, puis à l'heure du repas, je me suis décidé à lui adresser la parole. Quelle surprise ! On aurait dit qu'il n'attendait que ça. Il allait assister aux obsèques de sa chère maman. Ce qu'il en a dit m'a permis de mesurer son désarroi; il avait avec elle une véritable relation fusionnelle.
Même si je ne pouvais rien changer à son sort, j'ai eu le sentiment que notre conversation l'avait apaisé. A sa place, j'aurais certainement aussi apprécié une oreille attentive. Pas vrai Hammou ?
Enregistrer un commentaire