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mercredi 12 septembre 2012

Tombe le masque et la vérité sort, toute nue


C’est l’histoire d’une jeune princesse dont le monde entier raconte et loue la beauté légendaire. A quelques semaines du choix de son nouveau mari et futur roi parmi plusieurs prétendants, voilà qu’un fou sorti d’une colline non loin de son palais, arrache violement et contre toute attente, le voile qui cachait son visage. C’est alors le monde découvre la laideur de ses traits. Les langues se délièrent et on réalisa la fragilité de son royaume.
Au début d’une crise sans précédent que traversa le royaume, les commentateurs ont été unanimes à clamer qu’il s’en sortirait très vite, que ce serait un petit moment d’égarement, sans plus. En raison, disaient-ils, de la  grandeur de son peuple, de son Histoire et de la fierté de ses habitants. Déçus, ils se mirent à s’interroger sur cette prétendue grandeur. Où sont passés les restes des grands empires et des royaumes qui l’auraient fondé ? Où sont les restes de ce passé glorieux ? Ils ne les voient pas dans le comportement des fils et filles du royaume. Ils cherchèrent, en vain, des preuves matérielles : pas de palais, pas de tradition de cour royale, pas de familles royales, pas mêmes de résultats symboliques probants des vestiges de ce glorieux passé, rien ! Le doute gagna tout le royaume et même les contrées voisines.
Au bout de quelques temps, lorsque l’inquiétude commença à se faire plus prenante, la rhétorique habituelle du royaume a, comme toujours, reprit le dessus : non il n’y aura pas de guerre civile, pas de violence ethnique, pas de menace sur l’intégrité du territoire du royaume. Car « notre royaume est un peuple de paix, de concorde, de cousinage à plaisanterie, un et indivisible » répètent-ils en cœur.
Cette fragile conviction est demeurée au rang d’incantations : les choses seront ce qu’on voudraient qu’elles soient, sans jamais rien faire pour qu’il en soit ainsi. Un exemple vint à l’esprit d’un observateur : il se souvint qu’un royaume voisin, du temps d’un illustre roi, était exactement dans cette autosatisfaction. Après sa mort, son royaume a sombré dans un chaos de dix ans. La réalité aura démontré que son accueillant royaume de paix ne l’était que dans la tête du seul roi et n’était assuré que par sa seule présence.
Un autre observateur s’est laissé gagner par le doute sur la fragilité du mode de gouvernance du royaume, une démocratie pourtant citée en exemple et qui s’est avérée, elle aussi, une prétentieuse autosatisfaction.
Plus la crise s’enlisait et plus les observateurs interrogent sa devise du royaume. Ils se demandent : « Sommes-nous vraiment un Peuple ? » « Avons-nous un But ? Lequel ? » « Avons-nous toujours Foi ? En quoi ? ».

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