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lundi 21 janvier 2013

Grincheux : réfléchir ou s’abstenir !


L’intervention salutaire française au Mali n’a pas échappé aux critiques des grincheux. Leur crédo en quelques mots : néocolonialisme, Franceafrique, pillage/mainmise sur les ressources naturelles, etc. Petite explication : j’appelle grincheux ces bien-pensants qui nous montrent toujours qu’ils ont davantage compris les vrais enjeux que tout le monde et qui la ramènent à chaque occasion.
La France légitime son intervention par sa légalité internationale dans la mesure où elle s’inscrit dans le cadre d’un mandat des Nations Unies et l’explique par sa volonté de : 1) répondre à la demande d’aide d’un pays ami menacé, 2) lutter contre le terrorisme, 3) restaurer la démocratie et la laïcité. Les grincheux répondent en cœur qu’il s’agit ni plus ni moins que le retour au néocolonialisme et la rhétorique reprend…
La France agirait en fait au nom de la préservation de ses intérêts actuels (protection de l’uranium nigérien, par exemple) et futurs (s’assurer une bonne place pour l’exploitation du potentiel pétrolier et gazier du nord du Mali). Et Alors !
Personnellement, mon postulat est simple : un individu pris isolément peut être généreux, gentil, altruiste, compatissant, etc. Un état, non. Il n'agit qu'en fonction de ses intérêts supérieurs, lesquels sont souvent habillés – pour être comestibles et acceptables – des grands principes de Liberté, de Démocratie, de Laïcité, et plus récemment Lutte contre le terrorisme.
Ce qui serait coupable c'est de se limiter béatement à la logique des grincheux et de ne pas regarder plus avant, avec clairvoyance et stratégie, les agendas plus ou moins cachés, les vrais enjeux pour nous.
Arrêtons donc de nous lamenter et engageons nous pleinement dans la diplomatie réaliste, celle de la préservation ou de la préparation de notre propre intérêt supérieur. En l’occurrence, nous appelons/acceptons l'intervention de la France, tout en travaillant à trouver là où nos intérêts respectifs peuvent converger. C'est la diplomatie réaliste du win-win
Arrêtons de nous raconter de belles histoires teintées d’orgueil mal placé et utilisons la France et la « Communauté internationale » pour servir nos intérêts, en acceptant qu'au passage, ils servent les leurs. On passerait alors de la naïveté au réalisme voire à l'opportunisme : accepter – voire utiliser – la  satisfaction des intérêts des autres pour servir les nôtres.
Quand on sait que bien souvent nous n’avons pas les moyens, ni techniques ni financiers d’exploiter au mieux nos richesses naturelles, il y’a matière – pour les grincheux – à réfléchir ou alors à s’abstenir de donner des leçons.
Un ami à qui j’en parlais écrivait à juste titre ceci : « il y’a une sorte de chimère qui conduit à croire que les ressources potentielles ou exploitées appartiennent en propre uniquement au propriétaire du sol. Or, cela est très rarement le cas. Le vrai défi est double : en avoir la maitrise (au minimum des grands choix) et qu'il y ait des retombées concrètes pour le pays.  Dans cet enjeu, seuls les grands peuvent planquer au chaud leur gros gâteau. Ceux-là même qui piquent ceux des autres.
Les pays de la Mer du Nord ou d'Asie on su en garder la maitrise, la stratégie et l'utiliser comme stimulant de l'économie plutôt que de rente. La Norvège, surtout et la Malaisie, à sa façon. Les pays arabes du Golf ont l'usufruit d'une partie de leur pétrole, mais une maitrise toute relative, tant cette ressource est essentielle pour le fonctionnement des puissants et du monde. Il y’a une concession à faire. Certains s'accrochent farouchement à la maitrise de leurs richesses et finissent à la Saddam Hussein ou appauvrissent leurs populations (à l'Iranienne, toutes proportions gardées). D'autres, en situation intermédiaire, ont pu un temps émerger avant de compromettre l'avenir pour de multiples raisons (l'Algérie, par exemple, où l'inflation est inexistante mais l'accès au travail compliqué).
L'indignité, c'est la Guinée Conakry et Equatoriale, le Gabon ou les Congo (comme par hasard, en Afrique Subsaharienne). Pas de maitrise des ressources, pas de retombées pour les populations, et en prime le malheur de l'instabilité et des guerres pour le bénéfice des puissances étrangères et des potentats locaux.
Le défi pour nous, c'est de savoir dans les possibles, ce que nous voulons être et à quel groupe nous voulons ressembler : concéder, nous n'avons pas le choix. Retombées positives dont nos peuples ont tant besoin, nécessairement. Rater la sortie de la pauvreté avec du pétrole et du gaz est criminel ».
Cela doit être théorisé et enseigné aux classes politiques africaines, voire aux opinons publiques.

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