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mercredi 6 février 2013

L’insupportable exception de Kidal


La progression fulgurante des armées française et malienne a permis de reprendre rapidement les villes de Gao et de Tombouctou, à la surprise générale. Bien qu’on ne puisse pas encore parler de sécurisation totale des deux régions, il y’a un début de retour à la normal qui est incontestable. Comment expliquer alors que Kidal fasse exception dans cette stratégie de reconquête ? Ce cas, devenu particulier et de plus en plus difficile à comprendre et à supporter, pose beaucoup d’interrogations.
1.    Comment se fait-il que l’armée malienne ne soit pas aux côtés des français (et des tchadiens) à Kidal ?
Cette absence ne peut en aucun s’expliquer par la seule injonction/interdiction du MNLA. On ne peut tout de même pas avoir oublié si vite que c’est le MNLA qui a offert les clés de Kidal, de Gao et de Tombouctou aux narco-jihado-terroristes. On ne peut pas passer sous silence les tueries d’Aguelhok, les lapidations, viols et mains coupées de Gao. On ne peut pas non plus laisser impunies la profanation des mausolées et la destruction des manuscrits de Tombouctou, ni l’attaque des institutions maliennes partout, crimes passibles chacun de poursuites nationales et/ou internationales.
En se positionnant comme un allié potentiel de l’armée française pour lutter contre ses amis terroristes, le MNLA (reconstitué à la vas vite par les éléments en fuite de ces mêmes mouvements) est tout simplement dans une logique de repositionnement stratégique – politique et militaire – inespérée après avoir perdu sur ces deux terrains. En acceptant cette ’’main tendue’’, on remet tout simplement le MNLA en selle et dans le jeu, en lui offrant la possibilité de devenir une des solutions à une crise dont il est le principal responsable.
2.   A quel jeu jouent le Mali et ses « amis » ?
L’armée malienne doit rentrer et occuper Kidal sans délai. Il est clair qu’en attendant ’’l’autorisation’’ de ses frères d’armes français, elle perd un temps précieux, utilisé opportunément par le MNLA pour se réarmer – on se demande bien par qui – se reconstituer, renforcer ses positions à Kidal et poursuivre sa honteuse propagande sur les médias occidentaux. Les français, de leur côté, ne devraient pas ternir la justesse et le soutien apporté à leur intervention en tentant d’imposer le MNLA au Mali (ni comme armée, ni comme interlocuteur), ni nous distraire avec des casques bleus comme force d’interposition. Le Gouvernement du Mali doit, quant à lui, assumer ses responsabilités et accélérer le déploiement de son armée à Kidal et prendre une position claire et nette vis-à-vis du MNLA comme du MIA. Enfin, les acteurs politiques du Mali, et notamment les représentants élus du Nord, doivent rapidement se positionner et porter plainte contre ce mouvement pour toutes les exactions commises. Ils en ont le droit et le devoir. On perd un temps précieux car pendant ce temps, les « amis » du Mali et certaines organisations humanitaires mettent la pression pour demander des condamnations et des enquêtes sur les présumées exactions de l’armée malienne, oubliant que les pires exactions ont été précisément commises par le MNLA et ses alliés, des mois avant la guerre, dans leur silence assourdissant.
3.   Que faire avec le MNLA et ses combattants ?
Les désarmer immédiatement – de gré ou de force – en les chassant de la position de bouclier qu’ils occupent pour protéger leurs alliés terroristes et les mettre face à leurs responsabilités vis-à-vis de la justice nationale et internationale. On peut au demeurant légitimement s’interroger, eu égard aux appuis divers dont ils bénéficient, quels types de deals ils ont bien pu passer (signer ?) avec leurs différents soutiens actifs ou passifs dans la perspective d’une autonomie acquise sur le Nord et la promesse de ses richesses souterraines.
Que les populations du nord du Mali qui aspirent à la paix et à la liberté, qui sont attachées à l’intégrité d’un Mali laïque et démocratique élèvent la voix, communiquent et prennent clairement position pour préparer après la guerre, la refondation d’un Mali nouveau.
Il arrivera sans doute un moment où les maliens auront à se parler, à se réconcilier et à reprendre leur traditionnelle vivre ensemble. Mais que personne ne tente de nous embarquer dans des négociations avec des groupes armées qui ont montré, par les actes, leurs réelles intentions.

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