La progression fulgurante des armées
française et malienne a permis de reprendre rapidement les villes de Gao et de
Tombouctou, à la surprise générale. Bien qu’on ne puisse pas encore parler de
sécurisation totale des deux régions, il y’a un début de retour à la normal qui
est incontestable. Comment expliquer alors que Kidal fasse exception dans cette
stratégie de reconquête ? Ce cas, devenu particulier et de plus en plus
difficile à comprendre et à supporter, pose beaucoup d’interrogations.
1.
Comment se fait-il que l’armée
malienne ne soit pas aux côtés des français (et des tchadiens) à Kidal ?
Cette absence ne peut en aucun s’expliquer
par la seule injonction/interdiction du MNLA. On ne peut tout de même pas avoir
oublié si vite que c’est le MNLA qui a offert les clés de Kidal, de Gao et de
Tombouctou aux narco-jihado-terroristes. On ne peut pas passer sous silence les
tueries d’Aguelhok, les lapidations, viols et mains coupées de Gao. On ne peut
pas non plus laisser impunies la profanation des mausolées et la destruction des
manuscrits de Tombouctou, ni l’attaque des institutions maliennes partout, crimes
passibles chacun de poursuites nationales et/ou internationales.
En se positionnant comme un allié
potentiel de l’armée française pour lutter contre ses amis terroristes, le MNLA
(reconstitué à la vas vite par les éléments en fuite de ces mêmes mouvements) est
tout simplement dans une logique de repositionnement stratégique – politique et
militaire – inespérée après avoir perdu sur ces deux terrains. En acceptant
cette ’’main tendue’’, on remet tout simplement le MNLA en selle et dans le jeu, en lui offrant la possibilité de devenir une des solutions à une crise dont il
est le principal responsable.
2.
A quel jeu jouent le Mali et ses « amis » ?
L’armée malienne doit rentrer et
occuper Kidal sans délai. Il est clair qu’en attendant ’’l’autorisation’’ de
ses frères d’armes français, elle perd un temps précieux, utilisé opportunément
par le MNLA pour se réarmer – on se demande bien par qui – se reconstituer,
renforcer ses positions à Kidal et poursuivre sa honteuse propagande sur les
médias occidentaux. Les français, de leur côté, ne devraient pas ternir la
justesse et le soutien apporté à leur intervention en tentant d’imposer le MNLA
au Mali (ni comme armée, ni comme interlocuteur), ni nous distraire avec des
casques bleus comme force d’interposition. Le Gouvernement du Mali doit, quant
à lui, assumer ses responsabilités et accélérer le déploiement de son armée à
Kidal et prendre une position claire et nette vis-à-vis du MNLA comme du MIA.
Enfin, les acteurs politiques du Mali, et notamment les représentants élus du
Nord, doivent rapidement se positionner et porter plainte contre ce mouvement
pour toutes les exactions commises. Ils en ont le droit et le devoir. On perd
un temps précieux car pendant ce temps, les « amis » du Mali et
certaines organisations humanitaires mettent la pression pour demander des
condamnations et des enquêtes sur les présumées exactions de l’armée malienne,
oubliant que les pires exactions ont été précisément commises par le MNLA et
ses alliés, des mois avant la guerre, dans leur silence assourdissant.
3.
Que faire avec le MNLA et ses
combattants ?
Les désarmer immédiatement – de
gré ou de force – en les chassant de la position de bouclier qu’ils occupent
pour protéger leurs alliés terroristes et les mettre face à leurs
responsabilités vis-à-vis de la justice nationale et internationale. On peut au
demeurant légitimement s’interroger, eu égard aux appuis divers dont ils
bénéficient, quels types de deals ils ont bien pu passer (signer ?) avec
leurs différents soutiens actifs ou passifs dans la perspective d’une autonomie
acquise sur le Nord et la promesse de ses richesses souterraines.
Que les populations du nord du
Mali qui aspirent à la paix et à la liberté, qui sont attachées à l’intégrité
d’un Mali laïque et démocratique élèvent la voix, communiquent et prennent
clairement position pour préparer après la guerre, la refondation d’un Mali
nouveau.
Il arrivera sans doute un moment
où les maliens auront à se parler, à se réconcilier et à reprendre leur
traditionnelle vivre ensemble. Mais que personne ne tente de nous embarquer
dans des négociations avec des groupes armées qui ont montré, par les actes,
leurs réelles intentions.
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