Le conseil de
sécurité de l’ONU a approuvé, le jeudi 25 avril 2013, la création d'une
Force de maintien de la paix dans le nord du Mali pour assurer la transition
après l'intervention militaire française. La résolution 2100 crée donc la MINUSMA qui sera
déployée à compter du 1er juillet 2013, pour une période initiale de
12 mois, avec un effectif de 11.200 militaires et de 1.440 policiers, soit
12.640 hommes. L’adoption de cette résolution était attendue depuis plusieurs
semaines déjà, évoluant – fort heureusement – de la « force d’interposition » initialement annoncée, vers une « force de maintient de la paix ». Cette nouvelle résolution réaffirme l’inviolabilité
de la souveraineté, de l’unité et de l’intégrité territoriale du Mali ; elle
enjoint à l’ensemble des groupes armés opérant sur le territoire malien à
déposer immédiatement et sans conditions les armes, avant l’entame de toute
négociation de paix ; elle prévoit une réserve de bataillons capables de
se déployer rapidement dans tout le pays si cela est nécessaire ; elle
désigne un représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies qui va
coordonner toutes les actions sur le terrain.
Sur le plan
sécuritaire, l’adoption de cette résolution est sans aucun doute une bonne
nouvelle pour la Mali, par son importance comme par son mandat, au moins à
court terme. Mais il ne faudra pas
perdre de vue l’envers de la médaille à court, moyen et plus long termes.
D’abord, parce
qu’elle nous rappelle – s’il en était encore besoin – l’extrême fragilité de
notre pays et de ses institutions. Cette présence militaire de masse pèsera considérablement
sur l'indice de sécurité, qui s’élèvera dans certaines zones et va
ralentir, voire freiner l'investissement direct étranger dont le pays a tant
besoin pour sa reconstruction. Sans compter que la nécessaire
réforme des institutions de sécurité du pays paraît, dans un tel contexte,
un défi hors de portée pour un Etat à genoux. A cela, il faudrait ajouter les
craintes en matière de capacité de l’Etat malien à poursuivre les efforts de
développement, tout en maintenant des rapports de qualité avec ses partenaires
extérieurs, car comme le disait Yoweri Museveni « la presence de l'ONU rend nos Etats paresseux ».
Ensuite, l’arrivée
massive de 12.600 hommes, auxquels il faudra sans doute ajouter l’importante administration
onusienne qui sera chargée de la gérer, va complètement défigurer le pays
pendant les prochaines années. Pour le meilleur (ce qui est loin d'être acquis)
mais aussi pour le pire (ce qui est probable). Ce dispositif, avec ses moyens
en dollars (de l’administration onusienne, des besoins en approvisionnement et
en provisions des militaires, de la solde des militaires), aura certainement
une incidence inflationniste majeure : sur le coût de l'immobilier, sur le
coût de la vie dans certaines parties du pays.
Enfin, en raison
des incidences prévisibles sur le mode de vie, les rapports sociaux, et même, sur
les mœurs dans le pays. En la matière, j’ose à peine imaginer les conséquences
de l’arrivée récente de 500 célibataires burkinabé dans la petite ville de
Tombouctou… Les exemples de l’Angola ou de la RDC sont des cas à méditer.
Le Mali à venir
sera donc un pays autre que celui que nous avons connu. Il faudra nous y
préparer et prendre ce que nous pourrions de précautions et de mesures
préventives.
1 commentaire:
L'exemple de la Côte d'ivoire doit faire réfléchir. Ils étaient venus pour une mission de paix : désarmer les rebelles, réunifier le pays et promouvoir des élections libres et transparentes. Ils y sont encore aujourd'hui dans un pays divisé avec une démocratie inexistante. Je fais très peu confiance à l'ONU, surtout vigilence pour l'azawad.
Aliou
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