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vendredi 16 janvier 2015

Les micro-entreprises en Afrique de l'Ouest ou le développement par la petite porte

Mon premier livre vient de paraître aux Editions l'Harmattan. En voici un résumé.

Les politiques économiques conduites en Afrique de l’ouest depuis les indépendances se sont focalisées sur le mythe de grandes entreprises industrielles et le mirage d’exploitations agricoles mécanisées aux cultures intensives. Cette tendance s’est basée sur les analyses de nombreux économistes du développement obnubilés par la recherche du formalisme rassurant d’un tissu économique dont ils rêvent. Ces politiques se sont mises en place au mépris de la réalité des économies nationales, formées de très nombreuses micros et petites entreprises et d’exploitations agricoles familiales, souvent informelles, qui occupent l’immense majorité de la population active. Les mauvais résultats obtenus sont à la mesure des errements dans les choix opérés, malgré des taux de croissance soutenus, une population jeune et d’immenses potentialités.























En Afrique subsaharienne le développement des micro-entreprises, qui constituent la norme des économies, comme base de croissance, de création de richesses et d’emplois décents, apparaît comme une alternative crédible de développement économique et social. Cela nécessite de sortir des sentiers battus dans les approches du développement, à travers un changement fondamental des modes de gouvernance économique et politique en cours. Cela suppose un changement radical de paradigme, afin de concevoir et mettre en œuvre un ensemble de mesures complètes, cohérentes et volontaristes, et une stratégie globale permettant de faire du secteur privé réel le vrai moteur de la croissance et du développement. Cela impose d’imaginer des modes de financement alternatifs du développement basés sur les capacités et les potentialités endogènes.

1 commentaire:

Unknown a dit…

Constat que je partage d'autant que même dans les pays développés, ce sont les micro-entreprises qui sont aussi les fondations de l'économie et de l'emploi. Quelle ne fut pas ma surprise de constater, au cours de mes recherches que même en France, ces micro-entreprises (moins de 10 salariés) représentent près de 94% des entreprises.

Faire avec ce qu'on a, principe d'effectuation grandissant dans le monde de l'entreprise devrait aussi gagner le milieu des décideurs pour accompagner ces viviers de savoir-faire que sont les micro-entrepreneurs. Dans l'ensemble des pays en développement, les micro-entrepreneurs ont fait la preuve de leur longévité et partant d'un certain esprit d'entreprise: entreprendre sa vie tout simplement. Le jour où ils ne seront plus regardés comme des débrouillards, mais comme des entrepreneurs réels à accompagner par de nouveaux services, espaces ou écosystèmes publics et privés, alors les économies palperont du doigt la vraie croissance, celle qui tire véritablement le développement vers le haut. Force est de constater que malgré des taux de croissance élevé dans certains pays, l'indice de développement humain ne fait pas de grands bonds.