La grave crise que le Mali vit depuis quelques
semaines a été l'occasion pour moi d'entendre tout et n'importe quoi pour
expliquer ce qui se passe, s'est passé ou devrait se passer. Une chose est
sûre, c'est que la communication officielle du Mali a été défaillante : absente
au début, sans ligne claire et hésitante par la suite et de toute façon pas de
nature à rassurer les populations qui ignorent tout de la stratégie officielle.
Sommes-nous en négociations ? Si oui, savons-nous
vraiment à qui nous avons affaire dans cette "nouvelle" situation ?
Sommes-nous en guerre ? Dans ce cas, contrôlons-nous la situation sécuritaire
par une bonne présence sur le terrain ? Nos troupes son-elles en capacité de
résister, voire de mater cette "rébellion" ?
Cette nouvelle "rébellion" est-elle en
lien avec les précédentes ? On serait tenté de dire non, si l'on en juge par la
jeunesse des combattants, par leur type de communication et de revendications
et par l'inexistence de liens connus avec les "Touaregs" du Niger. On
est alors en droit de douter de la légitimité, de la représentativité et de la
pertinence même des soi-disant conseillers qui entourent actuellement (en trop grand
nombre dit-on) notre Président ATT. Je pense pour ma part que les
"négociateurs", "conseillers" et autres
"intermédiaires" actuels, y compris les icones officielles, sont hors
jeu. Il faudrait faire donc attention à ce que leur rôle ne soit pas contre-productif
!
En l'absence d'une communication officielle
efficace, et comme la nature a horreur du vide, c'est la rumeur qui a pris les
devants, avec sa conception anecdotique et souvent farfelue des choses. On
entend n'importe quoi, on fait des amalgames inadmissibles qui poussent à la
stigmatisation et au dressement des maliens les uns contre les autres…
Or, en pareille circonstance, le peuple n'a pas
besoin de tout savoir dans le détail sur la stratégie militaire. On voudrait
juste qu'on nous dise la vérité en nous informant régulièrement (sur le bilan
juste des pertes en vies humaines par exemple), qu'on nous rassure que ceux qui
ont la charge d'assurer notre sécurité et de défendre l'intégrité de notre
territoire national savent ce qu'ils font. On voudrait dormir tranquillement en
se disant que nos dirigeants ont bien les choses en main et que très bientôt,
l'unité de notre peuple reprendra le dessus. Car si nous avons bien une force
au Mali, elle réside d'abord et plus que tout dans le peuple malien.
L'autre volet de notre communication concerne le
message que nous délivrons de la situation à la "communauté
internationale", au monde extérieur. Là, c'est encore plus dramatique car
le camp d'en face a occupé le terrain de l'Internet et des relations avec les
diplomaties étrangères. Un exemple de ce qu'il ne faut surtout pas faire : en
2010, quand il s'était agi de démontrer que le Nord du Mali était sûr et
accueillant pour les touristes, nos autorités sont à allées à Tombouctou pour y
forcer l'organisation du Festival d'Essakan, là où il aurait fallu communiquer
sur CNN, BBC, TV5, F24 et autres médias qui s'adressent directement aux pays de
départ de nos touristes. Au lieu de ça on est allé prêcher dans le désert…peine
perdue.
1 commentaire:
Merci Professeur pour l'analyse. je pense que le Mali ne mérite pas cette crise. Nous sommes un pays de paix. Respecté pour sa démocratie. Les gens doivent se donner la paix et revoir les accords et en finir une fois pour toute. Ces prochains accords doivent impliqués les autres communautés du nord qui font plus de 85% de la population du nord. Que dieu bénisse le Mali uni, indivisible et solidaire. Ameen
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