S'il y a des réalités qui ont la vie dure, le poids du travail qui
pèse sur la femme rurale en Afrique de l'Ouest en est. Travaux champêtres,
corvées ménagères, recherche d'eau ou de bois de chauffe, éducation des
enfants, etc. Tout y passe. En ville par contre, à y regarder de près, la
réalité est bien différente. Il y a encore ce qu'on peut appeler des travaux à
prédominance masculine ou en tout cas réservés aux seuls hommes. Je me rappelle
d'une femme conductrice de taxi brousse entre Bamako et Koulikoro qui était une
vraie star – et même décorée pour cela – au Mali.
Je n'ai pas remarqué, en arrivant à Kampala qu'il existait, comme
souvent en Afrique de l'Ouest, des métiers ou des activités réservées aux
hommes ou à faible prédominance féminine. Ici, hommes et femmes exercent pratiquement
les mêmes activités professionnelles.
Il n'est pas rare de voir
des femmes, pelle à la main, curer les caniveaux. Impensable à Bamako ou à
Dakar. Sur les chantiers de travaux publics ni la brouette, ni la pioche, ni la
pelle ou la conduite des engins ne sont réservées aux seuls hommes. Je n'ai vu
ça ni à Ouaga, ni à Cotonou, ni à Lomé. Dans les ateliers d'artisans
(menuiserie, mécanique, chaudronnerie…), la présence des femmes est courante et
banale. Pas comme à Niamey, Conakry ou Nouakchott. Dans les taxis, il est aussi
normal de rencontrer un homme qu'une femme au volant. Ce pas le cas à Accra ou
Abidjan. Et que dire des agences de sécurité, premier employeur ougandais, qui
postent des femmes armées devant les banques, les supermarchés ou les
administrations publiques. On ne compte même plus leur nombre dans la police ou
l'armée.
Il ne fait aucun doute
qu'elles s'en sortent bien. Faut-il y voir une explication à la hausse
croissante de la classe moyenne ougandaise et de l'indépendance financière des
femmes ici ? Surement.

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