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jeudi 1 mars 2012

Le Mali Faso

Quand je regarde les Chefs d'Etats en Afrique, ils me font penser à des directeurs d'entreprise publique. Ils se contentent de gérer, d'administrer au jour le jour sans vision, ni perspective et en dehors de toute idée de performance. Leur politique consiste à faire fonctionner le pays – mal le plus souvent – à entretenir le citoyen dans la rhétorique stérile d'un semblant de démocratie et à créer les conditions de leur propre survie politique. Même si pour cela il leur faut inventer de l'instabilité ou tripatouiller la Constitution. Mamadou Tandja les aura prévenu !
Lorsqu'ils se mettent ensemble autour d'une idée ou d'un projet qu'ils nous vendent comme grand, ce n'est pas mieux : l'Union Africaine par exemple, cette coquille vide, club de rencontres à grands frais sur le dos du contribuable africain. Ils se contentent d'y répéter de bonnes intentions et de se soutenir mutuellement. Quand il s'agit de démontrer sa pertinence, sa légitimité ou sa crédibilité, l'UA au mieux tergiverse, au pire n'intervient pas, le fait trop tard ou contre tout bon sens. La crise ivoirienne ou le conflit libyen en ont donné des exemples édifiants, parmi d'autres.
Pour moi, humble citoyen, gouverner n'est pas gérer. Un Chef d'Etat n'est pas un administrateur. Gouverner c'est prendre en main le destin d'un pays et le faire basculer durablement. C'est avoir le courage d'une vision et réussir à canaliser les énergies et les intelligences nationales pour la mener à bien, ensemble.
Si l'on regarde l'histoire récente de notre continent, les exemples manquent. A part le mouvement de la décolonisation et ses animateurs, seul Nelson Mandela aura accompli une telle tâche : l'Afrique du Sud est devenue avec lui un autre pays ! Il aura marqué de façon déterminante son pays, l'Afrique et le monde…
Au Mali, depuis Modibo Keïta, nous n'avons plus connu cette envergure de Chef d'Etat. A l'heure où se profile une alternance politique au Mali, je voudrais faire une suggestion à notre nouveau Président, quel qu'il soit, en lui disant ceci :
Monsieur le Président,
Souvenez-vous que la place que vous occupez aujourd'hui l'a été de fort belle manière par le père de l'indépendance du Mali. Il aura essayé de faire l'unité africaine. Le Mali doit être le seul pays en Afrique qui a consacré dans sa Constitution le principe de renoncer à sa propre souveraineté pour construire cette unité. N'ayant pas réussi les unités régionales de type fédération, il a suivi le mouvement continental qui est devenu le "machin" que l'on sait.
Prenez ce relais et engagez nos peuples dans une fusion avec le Burkina Faso, pour créer le Mali Faso.
Voilà un combat qui vaut la peine d'être engagé. Voilà deux pays qui se ressemblent, qui ont une histoire commune, une situation géographique semblable (regardez de près Ségou et Bobo-Dioulasso), des langues communes (le Peul, le Bambara ou Dioula), un niveau de développement équivalent et j'en passe.
Un tel projet ne sera pas seulement une aventure politique et humaine entrainante. Il sera aussi une véritable dynamique de développement, la conjugaison des énergies et des intelligences de deux peuples qui n'en feront plus qu'un, le changement d'un destin. Ce faisant, vous aurez marqué de façon indéniable votre passage et inscrit votre nom en lettres 'or dans l'Histoire.
Je rêve ? Oui, car rien de grand ne s'est bâti ici bas sans rêve… 

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