Après la
stupeur et le désarroi occasionnés par la débâcle de l’armée malienne face à
l’avancée de la rébellion « islamiste » et « touarègue »
conjuguée à la remise en question des acquis démocratiques de ce pays souvent
cité en exemple, il est devenu impératif de prendre l’initiative afin d’éviter
le stade irréversible de la partition et la contagion à l’ensemble du Sahel.
Sur la
question, les propositions de sortie de crise se sont multipliées et la société
civile, la médiation en cours ou les diplomaties influentes continuent de
tester différentes formules prises en tenaille entre l’urgence d’un contexte de
guerre évolutif et la nécessité de traiter cette situation en profondeur.
Il n’y a pas
de remède miracle mais il reste possible d’agir sur le cœur du problème :
l’Armée malienne. Depuis plus de quatre décennies et l’initiative d’un groupe
d’officiers subalternes le 19 novembre 1968, la question de l’armée compromet
la stabilité et le développement du Mali. Il s’en est fallu de très peu
d’ailleurs pour que la parenthèse démocratique tourne court dès ses premières
années. Et dès lors, l’Etat a fonctionné sur une double reculade : ménager
la lobby des hauts gradés par un voile pudique sur leur racket des biens
publics, maintenir l’armée hors d’état opérationnel pour éviter toute
possibilité d’atteinte à la sureté de l’Etat. Résultat, l’ensemble des
inconvénients qu’on aura voulu éviter a été cumulé : développement d’un
conglomérat de satrapes à sa tête : la mafia dite des colonels ;
corps militaire inopérant et plus grave encore, disparition de tout sentiment
loyaliste envers les Institutions avec le rêve caressé par tout militaire
malien de passer à l’action un jour dès que l’occasion se présenterait. Voir à
intervalles réguliers les corps intermédiaires de leurs frères d’armes tenter
et réussir leur « coup » finit par donner des idées et corrompre les
esprits. En finir avec ce tropisme restera le défi d’une génération de
responsables politiques.
Le chantier
malien paraît immense au vu des défis, commençons par celui-ci ou attendons la
mise à la retraite du capitaine par les nouveaux wisigoths venus du
Nord.
Un premier
dans ce sens serait de considérer de face la situation du chef de cette junte
dans l’objectif de trouver une issue à la crise politique et ainsi envisager
efficacement la libération des territoires occupés avec la refonte nécessaire
de l’armée. Passons sur l’absurdité de la nomination du problème (le chef
de la junte) pour restructurer les instances militaires et réfléchissons à la
nécessité de réorienter l’armée vers sa mission première : la défense de
la Patrie.
Ce premier
pas serait de contraindre le chef de la junte à quitter l’armée pour
« assumer d’autres responsabilités » comme il semble le souhaiter en
lui notifiant un délai et en le radiant passé celui-ci. Le président qu’il a
déposé le 22 mars 2012 avait pris une « retraite anticipée » en son
temps. Cela ne serait plus suffisant et la nécessité de bâtir une muraille de
Chine entre l’uniforme et la tenue civile est plus que jamais indispensable
dans la sphère politique. Les instances internationales dont on décrie souvent
l’influence devraient s’atteler prioritairement à cette question et
conditionner leur aide au respect de ce principe en vue de décourager toute
velléité de cette nature.
Aly Kalé Basse
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