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jeudi 10 janvier 2013

Pour en finir avec la crise politique au Mali : la question de la Junte




Après la stupeur et le désarroi occasionnés par la débâcle de l’armée malienne face à l’avancée de la rébellion « islamiste » et « touarègue » conjuguée à la remise en question des acquis démocratiques de ce pays souvent cité en exemple, il est devenu impératif de prendre l’initiative afin d’éviter le stade irréversible de la partition et la contagion à l’ensemble du Sahel.
Sur la question, les propositions de sortie de crise se sont multipliées et la société civile, la médiation en cours ou les diplomaties influentes continuent de tester différentes formules prises en tenaille entre l’urgence d’un contexte de guerre évolutif et la nécessité de traiter cette situation en profondeur.

Il n’y a pas de remède miracle mais il reste possible d’agir sur le cœur du problème : l’Armée malienne. Depuis plus de quatre décennies et l’initiative d’un groupe d’officiers subalternes le 19 novembre 1968, la question de l’armée compromet la stabilité et le développement du Mali. Il s’en est fallu de très peu d’ailleurs pour que la parenthèse démocratique tourne court dès ses premières années. Et dès lors, l’Etat a fonctionné sur une double reculade : ménager la lobby des hauts gradés par un voile pudique sur leur racket des biens publics, maintenir l’armée hors d’état opérationnel pour éviter toute possibilité d’atteinte à la sureté de l’Etat. Résultat, l’ensemble des inconvénients qu’on aura voulu éviter a été cumulé : développement d’un conglomérat de satrapes à sa tête : la mafia dite des colonels ; corps militaire inopérant et plus grave encore, disparition de tout sentiment loyaliste envers les Institutions avec le rêve caressé par tout militaire malien de passer à l’action un jour dès que l’occasion se présenterait. Voir à intervalles réguliers les corps intermédiaires de leurs frères d’armes tenter et réussir leur « coup » finit par donner des idées et corrompre les esprits. En finir avec ce tropisme restera le défi d’une génération de responsables politiques.
Le chantier malien paraît immense au vu des défis, commençons par celui-ci ou attendons la mise à la retraite du capitaine par les nouveaux wisigoths venus du Nord.
Un premier dans ce sens serait de considérer de face la situation du chef de cette junte dans l’objectif de trouver une issue à la crise politique et ainsi envisager efficacement la libération des territoires occupés avec la refonte nécessaire de l’armée. Passons sur l’absurdité de la nomination du problème (le chef de la junte) pour restructurer les instances militaires et réfléchissons à la nécessité de réorienter l’armée vers sa mission première : la défense de la Patrie.  
Ce premier pas serait de contraindre le chef de la junte à quitter l’armée pour « assumer d’autres responsabilités » comme il semble le souhaiter en lui notifiant un délai et en le radiant passé celui-ci. Le président qu’il a déposé le 22 mars 2012 avait pris une « retraite anticipée » en son temps. Cela ne serait plus suffisant et la nécessité de bâtir une muraille de Chine entre l’uniforme et la tenue civile est plus que jamais indispensable dans la sphère politique. Les instances internationales dont on décrie souvent l’influence devraient s’atteler prioritairement à cette question et  conditionner leur aide au respect de ce principe en vue de décourager toute velléité de cette nature.
Aly Kalé Basse

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